Dragon de l’île de Komodo

komodo

Le sanctuaire des dragons

Entre à Sumbawa et Flores, une constellation d’archipels s’éparpille entre Océan Indien et mer de Java. Longtemps délaissée au profit de sa grande sœur Komodo, l’île de Rinca est progressivement devenue le choix de la destination pour observer les fameux varans géants.

Photo Dragon de Komodo

Photo Dragon de Komodo

La mâchoire béante a claqué à deux centimètres d’un oiseau qui s’évanouit dans l’azur. Le mastodonte caparaçonné d’une armure bourrelée, grumeleuse à souhait, semble dépité, mais comment interpréter ce faciès impavide ? malgré ses airs patelins de gros lézard feignant, se dorant la pilule au soleil des îles, l’impressionnant varan appelé « ora » localement ou « dragon de Komodo » en occident, peut s’avérer étonnement agile, vivace et réactif lorsqu’il a faim ou qu’on l’asticote d’un peu trop près. Gare aux visiteurs matamores, dont la vigilance est endormie par son apathie sournoise.
Les rangers veillent au grain cependant, armés de longs bâtons fourchés pour stopper au niveau du cou leurs charges intempestives qui, si elles relèvent souvent du bluff dissuasif, n’en demeurent pas moins potentiellement létales. Ce matin, pourtant, j’étais dans un autre monde. Plus précisément, dans la baie idylliques de Labuhan Bajo, charmante communauté de pêcheurs et station de villégiature balnéaire, alanguie à l’extrémité de la côte occidentale de Flores. Bateaux à balancier et cases sur pilotis des marins bugis, macassars ou bajau sédentarisés ourlent un liseré de plages, disparaissant très vite derrière l’écran de la forêt tropicale. À l’aube, la mer d’huile a des reflets argentés que les contreforts montagneux dessinaient contre le ciel fuchsia des arabesques d’un grand doucheur. Très vite, une flottille de dauphins facétieux étaient venue jouer contre l’étrave.

Vidéo du dragon de Komodo